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mercredi 4 mars 2009

Note à benner


* So you came like a missile
Leaving me the whole world in exile *


Pousse-toi de là arrache-toi de moi tire-toi de moi laisse-moi tranquille.
Mon coeur est en partance et mon corps en transit
Je dégouline de toi
Plaquée au sol comme en exil, j'ai une valise dans le thorax et je hurle ton nom comme on hèle un taxi.

lundi 2 mars 2009

Papier éphémère

Dans ces moments là la musique parait plus lente mais elle fait entièrement partie de moi.
Dans ces moments là, les voix me parlent uniquement à moi, elles chuchotent, elle susurrent, elles hurlent, elles sont agressives.
Dans ces moments là, des inconnus me parlent, entrent dans ma chambre et se confondent avec les ombres.
Dans ces moments là, le temps passe plus lentement.
Dans ces moments là, le seul visage que je peux voir, c'est le tien. Il flotte, il est dans ma tête, il m'empêche de voir au delà de toi, mon champ de vision est réduit à ta face.
Dans ces moments là, je tremble de vitesse, je tremble pour aller toujours plus vite et je fais n'importe quoi.
Dans ces moments là, j'ai envie de faire l'amour, tout de suite, n'importe comment.
Dans ces moments là, j'ai froid, je suis terrorisée, je voudrais hurler mais je ne trouve personne à qui parler.
Dans ces moments là, je n'ai plus qu'à me venger sur le premier papier qui passe.
Dans ces moments là, je n'ai plus qu'à me faire violer par le premier stylo trouvé.
Dans ces moments là, personne d'autre n'existe que moi même et mes fantasmes.
Dans ces moments là, tout est simple, évident pour moi, mais personne n'est d'accord, personne n'est accessible et je n'arrive pas à leur expliquer à quel point tout serait facile si on m'écoutait une seule seconde.
Dans ces moments là, mon attention est attirée dans une centaine d'endroits différents.
Dans ces moments là, je me sens submergée et vidée.
Dans ces moments là, si bruyants, si incompréhensibles, je préfèrerais me faire sauter le caisson.

dimanche 1 mars 2009

[Chantier] Diagnostic prénatal.

Mon enfant,

Dans quelques mois, tu seras prêt à venir au monde. Alors je voudrais te dire deux ou trois choses, t'expliquer un peu pour que tu comprennes ce qui se passe ici.

Toute ma vie, j'ai essayé de rendre les gens qui m'entourent heureux. Il m'a toujours semblé qu'en cultivant le lien humain, nous arriverions à créer un nouveau monde, beau et chaleureux. Sans me vanter, je pense avoir été généreuse, présente, à l'écoute, et prête à tout pour rendre la vie un peu plus jolie, pour être fière d'accueillir un jour un petit bonhomme comme toi, fière de pouvoir te souhaiter la bienvenue dans un monde que j'aime et qui aurait mérité ta présence.

Et voilà où j'en suis.

Je voudrais que tu ne fasses pas les mêmes erreurs que moi. J'aimerais que tu naisses avec les yeux aussi ternes que possible et que tu sois l'être le plus ignoble et le plus égoïste du monde. Je veux que tu sois détestable, cynique - ou réaliste, au choix - et surtout, que tu n'éprouves rien pour personne. Vois le monde comme une immense cour de récréation dans laquelle tu es le roi ; les autres seront des tourniquets dévolus à ton amusement propre. Utilise-les autant que tu peux puis envoie-les valser : tu en seras d'autant plus aimé et admiré. N'aie aucun scrupule, aucun sentiment ; alors je te jure que tu seras heureux, que tu obtiendras tout ce que tu voudras. Tant que tu ne t'occuperas que de toi, que tu te suffiras entièrement à toi-même, il ne pourra rien t'arriver. Ne t'attache pas à moi non plus, je serais capable de te faire culpabiliser. Dès que tu peux, essaye plutôt de voir comment tu pourrais m'utiliser. J'ai beaucoup de ressources en tant que tourniquet, justement.

Voilà, mon enfant, comment ça se passe. Il est un peu tard pour moi, mais toi, tu peux encore t'en sortir.

Je pense que maintenant, tu as compris... pourquoi j'ai pris cette décision.
J'espère que tu ne m'en voudras pas. Mais c'est pour toi, pour ne pas que ça t'arrive.
Pardonne-moi, mon bonhomme.

...

Allez-y, docteur, faîtes ce que vous avez à faire.

jeudi 26 février 2009



"Je lui avais donné mes heures et mes nuits
Les clefs de ma porte et des choses de ma vie

Et voilà bien des jours que j'attends qu'elle revienne"


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Je suis assise par terre et j'attends que le soleil revienne.

J'attends dans la mémoire de sa chaleur, dans la couleur de ses rayons projetée sur l'écran blanc de mon cerveau. J'attends dans le brouillard que ses éclairs me clouent au ciel ; j'attends que mes souvenirs reprennent une forme humaine.

J'attends des années en arrière que tout soit différent.
Que le néon s'éteigne, qu'il n'y ait plus de tungstène.

Je suis assise par terre, j'attends depuis des heures.
Je suis assise par terre que le soleil revienne.
J'attends depuis des heures et j'ai froid et j'en crève.
Je suis aussi glacée que la terre sous mon dos.
Je suis aussi glacée que la terre sur ma face.

Le temps s'est effacé et le soleil n'est plus.

dimanche 15 février 2009

Confiance, connivence, considération, contact, etc...

Le mot "confiance" vient du latin "con", ensemble, et "fidere", se fier, croire.

...

'fin moi, ce que je retiens surtout, c'est que ça commence par "con".

Ca veut tout dire.

dimanche 8 février 2009

Paris

"Tous ces déguisements qui rendent l'intérieur inaccessible
Et si étrange à soi-même jusqu'à en avoir peur
De regarder dans son intérieur et de n'y voir que du vide et de tomber
Tomber, tomber, parce qu'on se rendrait compte qu'il n'y a aucun artifice
Assez solide à l'intérieur où l'on pourrait se rattraper
Alors on a peur d'être seul comme on a peur de soi-même."

Roçé - Seul

Réveil matin pas bien mais incapable de dire pourquoi. Mes mots se sont fait la malle, je les vois chuter dans un gouffre et je n'ai plus de phrases pour draguer la mélasse. Dans ces moments-là, chaque parole est douloureuse. Je suis comme un enfant muet qui n'a pas encore de moyen de communiquer : entouré, mais seul.
J'ai besoin d'air, d'oxygène. J'ai besoin de faire cavaler mes jambes pour que ma tête ne cavale plus. Je slalome entre les skateurs de la place de la Bastille et descends maladroitement les pavés qui longent la Seine. Je découvre des ponts, des sous-ponts, des recoins qui cachent des morceaux de vies salies sous des sacs de couchage abandonnés. La musique dans mes oreilles m'empêche d'être consciente de tout ; je n'ai que des images floues des quais qui me trimballent jusqu'à Notre Dame. Là, un groupe de jazz qui squatte un pont me sort de ma bulle. Attroupement devant les cymbales, accent anglais presque anachronique sous le cliché parisien. Je poursuis mon chemin en poussant des barrières grinçantes. Une discussion entamée un peu plus tôt dans la torpeur des couettes du dimanche me pousse à rentrer dans la cathédrale. Tout y est désacralisé, les touristes m'écoeurent et rien ne me touche. Je préfère retrouver le soleil.
Mon téléphone vibre au milieu d'une méditation sur la solitude et sur l'étymologie du mot "confiance". Mickaël, cinéma, trop tard, un verre, plus tard, on se rappelle, d'accord. Entre temps, je suis arrivée à la Sainte Chapelle. Fermée, mais ça ne m'étonne qu'à moitié. Il n'y a pas de hasard.
Je descends des marches, me souviens d'un morceau de nuit passé à cet endroit et finis ma course au bout de l'île de la Cité, assise entre les péniches et les couples qui défilent devant mes yeux. Je me souviens d'un texte : "C'était ça, l'histoire de ma vie : courir jusqu'à épuisement en espérant tomber sur la poésie. Mais quand on arrive à destination, il n'y a que la pelouse pelée, le ciel jaunâtre et des gens qui ont décidément l'air très con." Rebelote, donc. Je pleure de froid devant le constat accablant que le monde n'a pas subitement changé avec le passage en l'an 2009. Mais j'ai peut-être pensé trop vite...
Un homme avec un chapeau noir fume à côté de moi. Ses cendres atterrissent sur mon manteau. Il s'excuse, entame la conversation, s'assoit. Il m'explique qu'il est Suisse, qu'il passe trois mois à Paris pour suivre une formation dans le domaine social. Il me raconte qu'il aime bien créer un contact avec les gens, s'étonne de l'extrême solitude à laquelle il est souvent confronté. Hier soir, c'était un soldat étranger de passage à Paris, rencontré dans un bar punk, un caïd qui s'est écroulé à force de devoir tuer des enfants. Le dialogue s'installe, facile, lent. Théâtre, musique, hypercommunication isolante, peur de l'autre, bouts de vie respectives, angoisse de ce qui vient. Il a un sourire rassurant, il a froid, se lève, s'en va.
Je reste encore un peu sur le bout de mon île et rejoins les boulevards. En haut du quai, même homme, même chapeau. "J'écoute Armand Amar, vous voulez écouter?" Pendant quelques instants, une musique traditionnelle arménienne vient se cogner sur mes tympans. Je suis frigorifiée, Mickaël sort dans plus d'une heure. "Vous voulez boire un verre en attendant?"
Dans un pub de la rue Saint André des Arts, je suis la seule à commander un thé entre tout les Anglais qui suivent un match, leur pinte à la main. Le débat reprend, sur l'importance de l'art, les réalités sociales contre l'absurdité du monde, des morceaux d'expérience balancés à l'inconnu. L'inconnu : je sais que c'est parce que je ne le reverrai jamais que je peux dire. Rien de très personnel ou de nouveau, mais simplement relancer le moulin à paroles.
L'heure tourne, il est temps de partir. "Bonne continuation, et sûrement à jamais!" A jamais, donc, à celui dont je ne connais pas le nom mais qui m'a fait une surprise au moment où je n'y croyais plus. L'inattendu est toujours quelque part, finalement.
J'attends en regardant des danseurs de hip-hop déjà croisés plusieurs fois dans Paris. Mickaël arrive, s'arrête au milieu de la route, presque à contre-sens, pour me récupérer. Mickaël est toujours plein d'énergie - peut-être grâce aux vingt yaourts qu'il mange chaque jour. Mickaël comprend tout. Je ne lui ai rien dit, il me sort tout ce que je n'ai pas pu dire ce matin au réveil. Mais avec Mickaël, rien n'est grave. Il en rit, fait quelques blagues de footballeur et me dépose devant chez moi. Il n'aime pas quand je lui dis merci. Ca le renvoie à ce qu'il est vraiment : quelqu'un qui pleure au cinéma et rit du reste avec une générosité rare. Il faudra que je lui demande s'il connait l'étymologie du mot "confiance". Je pense qu'il aura une idée.

lundi 2 février 2009

Nouveau projet


J'ai mal aux mots
Mal au moral
Mes mots râlent, je les ravale
Acides comme la rouille
Ils attaquent mes tissus
Mes mots râlent
Je ne les prononce plus.



Et une pièce à écrire, une!