Pages

jeudi 21 mai 2009

[Spoiler] Novecento : pianiste

Toute cette ville... on n'en voyait pas la fin... /
Hep, la fin, s'il vous plait, on voudrait voir la fin! /
Et ce bruit /
Sur cette maudite passerelle... c'était très beau tout ça... et moi j'étais grand avec ce manteau, j'avais une sacrée allure, et bien sûr, j'allais descendre, c'était garanti, pas de problème, /
Avec mon chapeau bleu /
Première marche, deuxième marche, troisième marche /
Première marche, deuxième marche, troisième marche /
Première marche, deuxième /
Ce n'est pas ce que j'ai vu qui m'a arrêté /
C'est ce que je n'ai pas vu /
Tu peux comprendre ça, mon frère? C'est ce que je n'ai pas vu... Je l'ai cherché mais ça n'y était pas, dans toute cette ville immense il y avait tout sauf /
Il y avait tout /
Mais de fin il n'y en avait pas. Ce que je n'ai pas vu, c'est où ça finissait, tout ça. La fin du monde /
Imagine, maintenant : un piano. Les touches ont un début. Et les touches ont une fin. Toi, tu sais qu'il y en a quatre vingt huit, là-dessus personne peut te rouler. Elles sont pas infinies elles. Mais toi tu es infini. Voilà ce qui me plait. Ca, c'est quelque chose qu'on peut vivre.
Mais si tu /
Mais si je monte sur cette passerelle, et que devant moi /
Mais si je monte sur cette passerelle et que devant moi se déroule un clavier de millions de touches, des millions, des millions et des milliards /
Des millions et des milliards de touches, qui ne finissent jamais, c'est la vérité vraie qu'elles ne finissent jamais, et ce clavier-là, il est infini /
Et si ce clavier est infini, alors /
Sur ce clavier-là, il n'y a aucune musique que tu puisses jouer. Tu n'es pas assis sur le bon tabouret : ce piano-là, c'est Dieu qui y joue /
Nom d'un chien, mais tu les as seulement vues, ces rues?
Rien qu'en rues, il y en avait des milliers, comment vous faîtes là-bas pour en choisir une /
Pour choisir une femme /
Une maison, une terre qui soit la vôtre, un paysage à regarder, une manière de mourir /
Tout ce monde, là /
Ce monde collé à toi, et tu ne sais même pas où il finit /
Jusqu'où il y en a/
Vous n'avez jamais peur, vous, d'exploser, rien que d'y penser, à tout cette énormité, rien que d't penser? D'y vivre... /
Moi, j'y suis né, sur ce bateau. Et le monde y passait, mais par deux mille personnes à la fois. Et des désirs, il y en avait aussi, mais pas plus que ce qui pouvait tenir entre la proue et la poupe. Tu jouais ton bonheur, sur un clavier qui n'était pas infini.
C'est ça que j'ai appris, moi. La terre, c'est un bateau trop grand pour moi. C'est un trop long voyage. Une femme trop belle. Un parfum trop fort. Une musique que je ne sais pas jouer. Pardonnez-moi. Mais je ne descendrai pas. Laissez-moi revenir en arrière.
S'il vous plait /
/
/
/
/
/
/

Aucun commentaire:

Publier un commentaire